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07 octobre 2007
Réinventer les villes //Transport//urbanisme//convivialité
Par Bruno Bazire le 7 octobre 2007 |
(1) Commentaires
Énumération de quelques idées pour redéfinir une ville agréable qui serait économe en énergie. Procéder à une relecture des PLU (Plan Local d’Urbanisme) pour remodeler nos villes, quartiers et villages, sans oublier les aspects humains et le plaisir d’y vivre. Je ne rentre pas, ici, dans le détail de chaque idée, mais il est important de mettre chacun des domaines touchant à la ville en perspectives avec les différentes approches. On oublie trop souvent que nous sommes dans une problématique systémique.
La meilleure source d'énergie est celle que l’on ne consomme pas ! Donc, pour limiter les déplacements des habitants, le bon sens voudrait que l'on trouve tout à proximité. Il faudrait revenir à une mixité des zones : habitat / travail / commerces / culture / loisirs / santé /...
NOUS AVONS DONC À REDESSINER NOS VILLES ET VILLAGES :
- A favoriser le commerce de proximité qui est tué par les concentrations commerciales (qui pullulent en périphérie).
- A retrouver des services (culture / loisirs / santé) entre les zones d’habitat et de travail.
- Le tout relié par des transports en commun.
- Cela crée également de l’emploi localement et une mixité sociale.
Pour commencer, quelques priorités :
Transport : réserver une partie des rues aux transports en commun, vélos, piétons et flâneries,… ; pour inciter les automobilistes à ne pas rentrer dans les villes, il faut des grands parkings au niveau des gares périphériques (trains et bus), quasiment gratuits.
Économies d’énergies : Valoriser l’isolation par l’extérieur => former les entreprises à ces techniques, ce n’est pas dans leur culture. Ne pas accepter un ravalement de peinture sans isolation. Mais il ne faut pas « effacer les différentes époques architecturales » par une intervention systématique qui modifie nécessairement l’aspect extérieur. Il faut donc identifier les bâtiments, dans chaque ville et village, qui ont un caractère architectural témoin de chaque époque. Nous avons besoin de garder un témoignage de notre passé, même pour des bâtiments simples qui n’ont pas vocation à être classés en monuments historiques.
Construction bioclimatique : Favoriser la conception bioclimatique c’est :
- se protéger du soleil en été pour éviter la climatisation.
- stocker la chaleur gratuite du soleil dans des murs d’inertie thermique. Y intégrer le déphasage.
- se protéger du climat, des vents,….
Ces concepts simples sont étonnamment oubliés des recommandations dans les bâtiments et assez peu utilisés par les architectes. Il faut donc modifier les règlements d’urbanisme (POS) qui imposent souvent une pseudo architecture néo-régionaliste qui n’a plus rien à voir avec le bons sens des maisons paysannes. Afin d’accepter les modifications d’aspect de ce type d’architecture.
Urbanisme : Une façade principale sur rue implique le plus souvent une mauvaise orientation solaire. Il faut nous libérer de cette contrainte pour optimiser les apports solaires gratuits. Les nouvelles rues doivent donc être pensées dans cet esprit. Pour les bâtiments existants, il faut permettre des aménagements architecturaux pour « aller chercher le Soleil ». Par exemple : appartements traversant le bâtiment ; coursives de distribution des logements qui font office de serre ;…
Matériaux : La notion d’énergie grise devrait être intégrée dès la RT 2010 (consommation d’énergie pour la fabrication, le transport et la destruction des matériaux). Les matériaux « éco-sympathiques » (à faible impact environnemental, santé,…) devraient être valorisé et aider si besoin pour atteindre une production industrielle qui fera baisser les coûts. Il faut également mettre en avant les circuits courts.
Éclairage public : baisser l’intensité et installer des capteurs de présence dans les zones peu fréquentées, aussi bien pour l’intérieur que pour l’extérieur (un immeuble peu rester entièrement allumé pour une seule personne).
Liste bien sûr non exhaustive.
Sans oublier les aspects sociaux. Il ne faut surtout pas rater cette prise de conscience environnementale pour repenser une nouvelle façon de vivre et de travailler ensemble.
- Retrouver des zones de convivialité dans les quartiers et favoriser le lien social et intergénérationnel : Crèches jumelées avec des maisons de retraites ;
- Installer des espaces de jardins pour cultiver et apprendre, même en ville ;
- Répartir des locaux de rencontre pour les jeunes, les fêtes de quartier, des activités de voisinage, associatives ou artistiques,… ;
- Créer des points de covoiturage, favorisés par des sites internet ;
- Dans chaque parking, pouvoir trouver des voitures partagées ; Généraliser les vélibs avec des circuits dédiés,…
Créer des lieux pour apprendre :
- à manger (+ sainement, moins de viandes, moins gras et sucré, recettes végétariennes,…)
- à apprendre à être des parents. (groupes de parole, stages…)
- les éco-gestes dans le travail et à la maison, le troc, la récup, … ; L’éco-attitude
- le partage, la joie et l’entraide,…
Pour cela, il faut de la concertation, une réelle démocratie participative, une gouvernance des projets,… :
- Revaloriser le travail des maires, leur donner une vraie protection juridique pour ne pas scléroser leur créativité. Trouver des moyens incitatifs pour les maires qui ne veulent pas s’impliquer dans une démarche de Développement Durable (un mandat c’est trop long pour l’immobilisme). Investir dans une meilleure gestion des ressources et des énergies peut dégager des économies financières. Leur donner accès à une formation (ce n’est pas toujours le + compétant qui se fait élire) car la mission est trop complexe et les compétences nécessaires trop vastes pour l’improvisation.
- Il faudrait que les études de toutes sortes (sociologiques, statistiques, urbanistiques, environnementales, des transports, de l’emploi, …) soient facilement accessibles aux décideurs et aménageurs (publics ou privés). Créer une banque de données centralisées. Si ces études étaient croisées entre elles par des spécialistes, cela permettrait aux non spécialistes de pouvoir les interpréter.
- Avant les travaux de voirie et d’aménagement urbain et d’équipement, il faudra penser à une réelle planification. Comme cela, il sera facile de vérifier les autres interventions dans le secteur pour ne pas cumuler les nuisances, (travaux, gêne de circulation,…), faire des économies et, par exemple, de ne pas avoir à repercer une tranchée quelques temps après.
- Tout programme d’habitations d’importance devrait inclure des espaces et locaux communs pour permettre cette convivialité et entraide. Stationnement pour voitures partagées. Récupération des eaux de pluie, chaufferie collective, laverie, zones de jeux,…
- Pour préserver des terrains non constructibles, dans des zones qui pourraient l’être, ou réservés à l’intérêt commun, les propriétaires se trouvent lésés par rapport à leurs voisins. Surtout dans les zones à forte pression foncière. Ne faudrait-il pas permettre une péréquation sur les terrains vendu au prix du marché ? Une cote part serait prélevée de la vente pour une meilleure acceptation, de la part du propriétaire qui se retrouve avec un terrain invendable ou préempté par la commune.
Exemple : autour d’un vieux village, on réserve une zone non constructible pour le préserver. En bordure de cette zone, les terrains constructibles ont une belle vue sur le village, donc une plus-value. Et ceci grâce aux terrains inconstructibles. Il y a une injustice et serait normal qu’il y est une compensation pour ces propriétaires et éviter les pressions sur la mairie.
En conclusion, quelques suggestions :
- Dans les nouvelles décisions et modifications des textes (PLU, POS, SCOT,…) suite au Grenelle, il serait bien d’intégrer pour l’urbanisme : des notions de convivialité et de proximité, … et du bon sens.
- Associer aux équipes de décisions la pluridisciplinarité (sociologues, artistes, travailleurs sociaux, humanistes, associations,…), pour contrer le lobbying mercantile.
Nous travaillons, actuellement, à la création d’un éco-quartier de village (de + de 100 logements), dans le Var, pour lequel nous essayons au maximum d’appliquer ces idées.
Trihab – Bruno Bazire
Voir aussi : Ville de demain
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Commentaires
Rédigé par : Penthière | 27 oct 2007 11:35:33
Travaillant également sur un éco-quartier dans le Val de Loire (300 logements) j'ai été trés interressé par les recommandations trés simples que vous formulez sur la difficile adéquation des documents d'urbanisme et des exigences de l'efficacité bioclimatique.
Je suis en revanche trés sceptique sur nombre de vos solutions sur d'autres thèmes:
Le tout normatif par exemple qui conduirait à rendre encore plus contraignant le poids des réglements d'urbanisme, accroissant la crise du logement et la possibilité de développement économique justement réparti sur le territoire. Je préfèrerais pour ma part un retour aux règles simples type code civil assorties de densité minimum de construction par grande zone et la mise en oeuvre d'un concept jurique fixant le principe de moindre consommation énergétique comme s'opposant à toute autre règle plus énergétivore.
Le concept de ville musée que vous illustrez bien avec la notion de zone naturelle de protection autour d'un vieux village et de préservation de l'architecture de chaque époque. Ces époques vous les envisagez de quelle durée 10 ans, 50 ans, 100 ans et vous en confiez la préservation à qui (les ABF?) et qui en décide avec quel contrôle démocratique et au profit de qui de ceux qui habitent à coté ou des SDF et des mal logés.
Les pôles commerciaux périphériques que vous semblez opposer aux commerces de proximité alors qu'ils représentent le plus souvent la proximité à comparer aux commerces de centre ville qui le plus souvent sont loins et chers.
Eh oui la centralité s'est considéralement atténuée ces 20 dernières années et l'espace urbain est devenu un maillage plus qu'une image radioconcentrique alors le centre .....
Pendant qu'on discutait de limitation de létalement urbain c'est le plus souvent l'urbanisation rurale qui s'est développée.
En conclusion si le soleil est toujours à la même place et qu'il convient de s'en rendre compte, l'espace urbain lui a évolué et il convient aussi de le prendre en comte.
Bonne chance pour vos projets.
Penthière










