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30 juin 2008
Les déchets agroalimentaires ont de l’énergie à revendre
Par Marie-Anne Bernasconi le 30 juin 2008 |
(1) Commentaires
S3D, lauréat du prix agora energy 2007 de la conscience énergétique et de l’innovation, est une entreprise nantaise innovante dans le domaine de la biomasse. Elle est spécialisée dans la transformation en énergie des déchets organiques issus de l’industrie agroalimentaire. Le procédé, breveté sous le nom de Valorfat®, consiste à alimenter un moteur diesel avec un carburant fait de graisses obtenues à partir de carcasses d’animaux et d’huiles de cuisson. Avec une tonne de ces graisses, on obtient un rendement énergétique correspondant à 95% en équivalent pétrole.
Le procédé s’effectue en plusieurs étapes : la purification des sous-produits gras, la transformation de la graisse en biocarburant et l’alimentation d’un moteur diesel de cogénération. Ainsi, tout en offrant une alternative aux coûts du pétrole, S3D répond à deux besoins : la gestion écologique des déchets et l’approvisionnement en énergie propre, tout en évitant le transport coûteux et polluant.
Voir le site: S3D
Parallèlement à l’installation clé en main du procédé Valorfat®, S3D commercialise des études de faisabilité et d’ingénierie sur la valorisation énergétique, notamment le procédé de gazéification. Ce dernier valorise les déchets végétaux comme les copeaux de bois, les plaquettes forestières, la paille, les déchets agricoles etc. Ils sont transformés en biomasse puis en biogaz, produisant entre 50KW et 5MW de puissance. Le carbone étant entièrement intégré dans le processus, la cendre constitue l’unique résidu.
Anthony Kerihuel, PDG de S3D, est docteur en physique de l’Ecole des Mines de Nantes. Au cours de sa thèse sur l’émulsification des graisses, il partage son bureau avec Luc Gerun, doctorant en valorisation de la biomasse. À partir de cette rencontre, les ingénieurs décident de mettre à profit leurs recherches en créant une entreprise. Ils retiennent la thèse sur la valorisation des graisses, plus adaptée au marché. Avant même l’obtention de leurs doctorats (décernés 4 mois plus tard), les jeunes ingénieurs se lancent dans l’aventure. En février 2005, après la victoire du concours étudiant « Les entrepreneuriales », S3D voit le jour pour être rapidement incubé au sein d’Atlanpole. David Guianvarch rejoint alors l’équipe en tant que directeur financier.
Pour commencer, les associés apportent 37 000€ au capital de la société. En 2007 de nombreuses subventions favorisent l’essor de S3D : Nantes Initiatives leur facilite l’obtention d’un prêt bancaire, puis le Concours du Ministère de la Recherche associé à la région des Pays de la Loire leur verse un montant de 150 000€ sur 3 ans ; enfin grâce à 3 embauches, ils bénéficient de la Prime régionale pour l’emploi. Au cours de ce début d’année 2008, Oseo leur délivre un Prêt Participatif d’Amorçage de 75 000€ remboursable en huit ans. Ce prêt les aide à faire le lien avec un investisseur, qu’ils rencontreront rapidement. Au mois de mai 2008 le capital a été augmenté, un signe de santé pour cette jeune entreprise.
Dès leurs débuts, les prix s’enchaînent et crédibilisent la société : Lauréat national 2006 et lauréat régional 2007 du Concours du Ministère de la Recherche, S3D se voit également décerner le prix Agora Energy CERAM Business School Martech & Finance en novembre 2007. Ces distinctions ne peuvent que conforter les entrepreneurs sur la viabilité de leur projet tout en leur offrant une visibilité sur la scène énergétique.
Si les idées ont été primées, la technique a également été reconnue par les organismes de contrôle et par Eneria, une filiale de Caterpillar. Certifiant l’absence d’émission polluante et de nocivité du carburant, le concessionnaire a décidé de prendre en charge la garantie pour son moteur. Par ailleurs, un dossier pour la reconnaissance de la graisse en tant que combustible et non en tant que déchet incinéré sera prochainement soumis à la DRIRE.
Aujourd’hui, un démonstrateur est opérationnel sur le site d’une charcuterie industrielle, fabricante d’andouille. Avec 15 salariés et une production de 50 tonnes de graisses par an, la charcuterie est quasiment autonome énergétiquement. Grâce aux subventions allouées par l’état, 20 à 40% du prix du matériel est pris en charge. Plus en avance, nos voisins européens ont mis en place un meilleur système pour encourager le recours à l’énergie de la biomasse. En Belgique, cette énergie est revendue 200€ le MWh sur le marché, pour seulement 55€ en France. Une augmentation de ce prix permettrait un retour sur investissement bien plus rapide et contribuerait à l’utilisation de cette énergie propre.
La croissance de la jeune société va bon train, avec des prévisions de 3 embauches supplémentaires d’ici à septembre 2008. S3D ne s’arrête pas dans sa lancée et voit plus loin que les frontières nationales : les nantais partent à la conquête de l’Europe en envoyant un VIE (Volontariat International en Entreprise) au Royaume-Uni, tout en préparant leur entrée sur les marchés belges et italiens.
Voir le site: S3D
Voir aussi : Agora Energy | Biocarburants | Biogaz | Biomasse | création d'entreprise | Eco-technologies | Efficacité énergétique | Energie renouvelable | Entreprises | Innovation | Nantes | Portraits d'entrepreneurs | Valorisation des déchets
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Commentaires
Rédigé par: SIWA Dieudonné | 29 déc 2008 20:03:02
Bonjour,
Citoyen volontaire au Conseil de Développement de Nantes Métropole,j'ai choisi de travailler dans la Délégation du Développement durable, un enjeu qui nous interpelle, d'autant plus que notre approvisionnement en énergie propre reste un en enjeu prioritaire.
Je ne peux qu'admirer votre belle initiative et vous encourager à aller de l'avant et de permettre ainsi à notre région de conquérir le marché européen.
Cordialement
Dieudonné SIWA










