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26 août 2008

Cleantech françaises : la bulle Internet est-elle biodégradable ?

Par Stéphane Distinguin le 26 août 2008 | Commentaires (0) Commentaires

Moins de 10 ans après la « bulle Internet », une nouvelle révolution technique et économique est en marche : les écotechnologies plus connues de l’autre coté de l’Atlantique comme « Clean technologies » ou « Cleantech ».

Energies renouvelables et économies d’énergie, traitement de l’eau et de l’air, optimisation des process industriels, du bâtiment, de l’automobile, les jeunes entreprises apparaissent par centaines dans la Silicon Valley et autour de Boston. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. On a compté en 2007 plus de 300 investissements dans des start-up du secteur aux Etats-Unis et 33 en France. On se croirait revenu 10 ans en arrière.

Les nouveaux géants industriels issus de la bulle Internet ont tous été californiens (Yahoo, Google etc..) alors qu’ici n’ont survécu que quelques grosses PME qui n’ont pas réussi à emmener dans leur sillon d’autre jeunes entreprises innovantes de façon à élargir et consolider leur écosystème.

Pourrait on vivre le même scénario sur les « Cleantech » et voir apparaître les nouveaux géants de l’énergie, de la mobilité durable et des services environnementaux chez les mêmes élèves modèles - Etats-Unis et Israël en tête mais aussi déjà en Chine - et une nouvelle fois voir l’Europe laisser passer les trains ?

Légende photo : Photo_peres_ghosn_et_agassi Le président Israëlien Shimon Peres, entouré de Carlos Ghosn, PDG de Renault et de Shaï Agassi, créateur d'une start up du logiciel rachetée par SAP et aujourd'hui PDG de A Better Place, au lancement de leur projet commun de voiture électrique.

La France et l’Europe ont pourtant des atouts qui laissent penser que la « bulle verte » peut s’épanouir ici également.

Lors des 30 dernières années la France et l’Europe ont continué à investir dans les métiers de base des écotechnologies : énergie, eau etc… alors que sous la pression des marchés financiers et de la rentabilité à court terme, certains secteurs industriels avaient quasiment disparu aux Etats-Unis (la construction nucléaire en est le paradigme).

Nous comptons actuellement en Europe la plupart des géants mondiaux de l’énergie et de l’eau ainsi que des instituts de recherche actifs. On peut donc supposer que ces laboratoires publics et privés, ces instituts de recherche, ces grandes entreprises, regorgent de pépites technologiques qui peuvent engendrer les start-up de demain.

La France a déjà manqué certaines des premières étapes. Ainsi les géants de l’éolien se sont constitués essentiellement en Allemagne, au Danemark et en Espagne. De même le récent Salon des Energies Renouvelables était dominé par les entreprises allemandes des secteurs du photovoltaïque et de la biomasse.

Pourtant la France compte quelques belles réussites tel le déploiement à grande échelle des systèmes « Vélov’ » ou « Vélib’ » ou quelques belles start-up tel Bionersis – concepteur et exploitant d’installation de biogaz – dont la valorisation est passée en quelques mois de quelques centaines de milliers à plusieurs dizaines de millions d’euros.

Mais justement, si la première bulle s’est dégonflée faute d’expérience et d’une base solide, les « Cleantech » doivent impérativement s’inspirer des règles qui prévalent dans les Technologies de l’Information et de la Communication.

En Californie et en Israël, Shai Agassi (cf!; photo) qui développe le projet «  A better place », précédemment fondateur d’une start up dans le logiciel, passé au plus haut niveau chez SAP est sans doute un des meilleurs exemples des analogies entre TIC et Cleantech : son projet extrêmement ambitieux est financé pour plus de cent millions de dollars et sa voiture électrique, soutenue par Renault et Carlos Ghosn, était un des clous du voyage d’état du Président Sarkozy en Israël.

Mais quels sont les leçons à tirer de la bulle ?

Il est d’abord et avant tout question de solidarité de destin dans des domaines où l’innovation ouverte règne : cette solidarité doit être animée par des associations de terrain, sans parti pris et elle se partage, culture comprise, du citoyen aux institutions.

Si les médias classiques n’ont toujours pas réussi à démontrer leur capacité à prendre le « virage Internet », dans le secteur de l’environnement le démarrage semble meilleur.

EDF et ses énergies renouvelables en sont un bon exemple mais les « grands » doivent veiller et favoriser le développement des « petits » et les amener plus en partenaire qu’en vassal vers des marchés pilotes en France et à l’international.

Par ailleurs, le financement bancaire et de capital investissement doit pouvoir permettre d’accompagner des entreprises plus nombreuses, très tôt, de façon plus rapide. Rappelons nous que Dailymotion - créé avant YouTube - avait péniblement bouclé son premier tour de table bien après le troisième du californien racheté rapidement pour près de 2 milliards de dollars par Google.

Enfin, au sein des projets éco-innovants développés par les collectivités, les premières concernées par cette vague verte en termes de bienfaits mais aussi de création de richesse, une part de leur réalisation et des marchés qui en découlent doit être réservée de façon systématique à des Jeunes Entreprises Innovantes.

Voilà en tout cas de quoi souhaiter que la bulle Internet ait laissé des traces… le développement des Cleantech a bien besoin de ses enseignements et des années où péniblement les entrepreneurs français des TIC et ceux qui les accompagnent ont dû analyser les raisons d’une crise et rétablir les conditions de la confiance… sans malheureusement jamais réussir à rivaliser avec les acteurs Californiens !


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